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Calcul du seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité est le chiffre d’affaires à partir duquel votre activité cesse de perdre de l’argent.

Saisie libre : 300000, 300 000, 300k ou 1,2M. Un champ laissé vide vaut zéro.

Une charge qui est un peu des deux ? Coupez-la en deux — ou, dans le doute, mettez-la en fixes : le seuil obtenu sera un peu prudent, ce qui vaut mieux que l’inverse.

Seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité est le chiffre d’affaires à partir duquel votre activité cesse de perdre de l’argent : celui qui couvre exactement toutes vos charges, sans rien dégager encore.

Saisissez vos montants : votre seuil s’affichera ici, dès le premier chiffre.

Comment ça marche

Vos charges variables suivent l’activité : sans vente, elles n’existent pas. Vos charges fixes tombent de toute façon. Ce qui reste de chaque euro vendu une fois les variables payées sert à couvrir les fixes — et le seuil, c’est le moment où elles sont couvertes.

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Qu’est-ce que le seuil de rentabilité ?

Le seuil de rentabilité est le chiffre d’affaires à partir duquel une activité cesse de perdre de l’argent. En dessous, elle consomme de la trésorerie ; au-dessus, elle en produit. C’est le repère le plus concret qu’un dirigeant puisse avoir sur son exploitation, et le seul qui se traduise directement en nombre de clients à servir.

Il repose sur une idée simple : toutes les charges ne se comportent pas de la même façon. Certaines suivent l’activité, d’autres tombent quoi qu’il arrive. Ce qui reste de chaque euro vendu une fois payées les premières sert à couvrir les secondes — et le seuil est atteint le jour où elles le sont.

La formule

Marge sur coûts variables = chiffre d’affaires − charges variables
Taux de marge sur coûts variables = marge sur coûts variables ÷ chiffre d’affaires
Seuil de rentabilité = charges fixes ÷ taux de marge sur coûts variables

Un exemple. Un restaurant réalise 300 000 € de chiffre d’affaires hors taxes, dont 90 000 € de coût matière. Sa marge sur coûts variables est de 210 000 €, soit un taux de 70 % : chaque euro encaissé laisse 70 centimes pour couvrir les charges fixes. Avec 150 000 € de charges fixes, son seuil s’établit à 150 000 ÷ 0,70 =214 286 €.

Ce restaurant est donc rentable, avec 85 714 € de marge de sécurité : son chiffre d’affaires pourrait reculer de près de 29 % avant qu’il ne perde de l’argent.

Variable ou fixe : la seule question qui compte

Tout le calcul dépend de cette répartition, et c’est aussi son point faible. Leplan comptable général ne la connaît pas : il classe les charges par nature — achats, services extérieurs, personnel — et non par comportement. Aucune ligne de votre liasse fiscale ne porte la mention « variable ».

La répartition est donc un jugement que vous portez sur votre propre modèle économique. Le test le plus fiable tient en une question : si je ne vends rien demain, est-ce que je paie encore ça ?

ChargeComportementPourquoi
Marchandises, matières premièresVariableAucune vente, aucune consommation.
Commissions de plateformes, frais de carte bancaireVariableUn pourcentage de chaque encaissement.
Transport sur ventes, livraisonsVariableProportionnel au nombre de commandes.
Extras, saisonniersVariableAppelés selon l’activité prévue.
Loyer et charges locativesFixeDû rideau fermé.
Salaires permanents et cotisationsFixeContrats indépendants du volume vendu.
Assurances, honoraires, abonnementsFixeEngagements souscrits à l’année.
AmortissementsFixe, non décaisséeÉtalement d’un achat déjà payé.

Les charges mixtes

Beaucoup de charges tiennent des deux. L’électricité comporte un abonnement fixe et une consommation qui suit l’activité ; un salarié permanent peut faire des heures supplémentaires en saison ; un véhicule coûte une assurance fixe et un carburant variable.

Coupez-les en deux et affectez chaque part où elle va. Si la coupure est trop incertaine, classez-les en charges fixes : le seuil obtenu sera légèrement prudent. Mieux vaut viser un peu trop haut qu’un peu trop bas.

Seuil de rentabilité et point mort

Les deux termes désignent la même réalité, exprimée dans deux unités. Le seuil de rentabilité s’exprime en euros de chiffre d’affaires ; le point mort s’exprime en date.

Point mort = (seuil de rentabilité ÷ chiffre d’affaires) × jours d’activité

Reprenons le restaurant : son seuil représente 71,4 % de son chiffre d’affaires annuel. Sur une année civile, son point mort tombe au 261ᵉ jour — mi-septembre. Tout ce qu’il encaisse ensuite part en résultat. Sur 300 jours d’ouverture réels, le même seuil est franchi au 214ᵉ jour d’activité.

Pourquoi ce calculateur affiche deux seuils

Les amortissements sont une charge fixe particulière : ils pèsent dans les comptes, mais aucun euro ne sort de la banque. Un four à 24 000 € amorti sur six ans coûte 4 000 € par an au compte de résultat, alors que la dépense a eu lieu une fois pour toutes le jour de l’achat.

Les inclure ou non change donc la question posée, et les deux questions sont légitimes :

Entre les deux, l’activité couvre tout ce qu’elle décaisse mais ne reconstitue pas encore de quoi renouveler son matériel. C’est une zone tenable un temps, pas indéfiniment. Le calculateur n’affiche le second seuil que si vous saisissez des amortissements — sans eux, les deux se confondent.

Le levier opérationnel

Le levier opérationnel rapporte la marge sur coûts variables au résultat d’exploitation. Il indique de combien varie le résultat quand le chiffre d’affaires varie de 1 %. Notre restaurant affiche un levier de 3,5 : une hausse de 1 % des ventes ferait progresser son résultat de 3,5 %.

C’est une bonne nouvelle quand l’activité monte, et exactement la même mécanique quand elle baisse. Plus vos charges sont fixes plutôt que variables, plus ce levier est élevé — et plus votre résultat est sensible au moindre écart de chiffre d’affaires. C’est la raison pour laquelle deux entreprises au même chiffre d’affaires et au même résultat peuvent avoir une fragilité radicalement différente.

Quand le seuil n’existe pas

Un cas mérite d’être connu, car beaucoup de calculateurs l’escamotent en affichant un résultat négatif ou infini : si les charges variables absorbent la totalité du chiffre d’affaires, aucun seuil n’existe.

La marge sur coûts variables est alors nulle ou négative, et chaque vente supplémentaire creuse la perte au lieu de la combler. Vendre plus n’y changera rien : le levier est le prix de vente ou le coût unitaire. C’est la situation d’un commerce qui revend à perte, ou d’un restaurant dont le coût matière dépasse le prix de la carte.

Ce que le seuil ne dit pas

Il ne dit rien de la trésorerie. Atteindre son seuil ne garantit pas d’être payé à temps : une entreprise rentable peut manquer de liquidités si ses clients règlent à 60 jours et ses fournisseurs à 30.

Il ne dit rien non plus du remboursement des emprunts, qui ne figure pas dans les charges d’exploitation, ni de l’impôt. Le seuil situe l’exploitation, pas la santé financière complète.

Enfin, il suppose la structure de coûts stable. Doubler le chiffre d’affaires suppose le plus souvent d’embaucher ou d’agrandir — donc de relever les charges fixes, donc de déplacer le seuil. Le calcul vaut pour un niveau d’activité donné, pas pour toutes les tailles.

Aller plus loin

Le seuil vous dit si vous couvrez vos charges. Il ne vous dit pas si votre rentabilité est normale pour votre métier — c’est le rôle de la marge d’EBITDA, comparée aux médianes sectorielles issues des bilans réellement déposés.

Questions fréquentes

Quelle est la formule du seuil de rentabilité ?

Seuil de rentabilité = charges fixes ÷ taux de marge sur coûts variables. Le taux de marge sur coûts variables s’obtient lui-même en divisant la marge sur coûts variables (chiffre d’affaires − charges variables) par le chiffre d’affaires. Exemple : une entreprise réalisant 300 000 € de chiffre d’affaires avec 90 000 € de charges variables dégage 210 000 € de marge sur coûts variables, soit un taux de 70 %. Avec 150 000 € de charges fixes, son seuil de rentabilité s’établit à 150 000 ÷ 0,70 = 214 286 €.

Quelle différence entre seuil de rentabilité et point mort ?

Le seuil de rentabilité s’exprime en euros de chiffre d’affaires, le point mort en date. C’est la même réalité vue de deux façons : le point mort est le jour de l’exercice où le seuil de rentabilité est franchi. Une entreprise dont le seuil représente 71 % du chiffre d’affaires annuel atteint son point mort vers le 261ᵉ jour de l’année.

Comment distinguer une charge variable d’une charge fixe ?

Posez-vous la question : si je ne vends rien demain, est-ce que je paie encore cette charge ? Si non, elle est variable — marchandises, matières premières, commissions de plateformes, transport sur ventes. Si oui, elle est fixe — loyer, assurances, salaires permanents, abonnements. Cette distinction n’existe pas dans le plan comptable général, qui classe les charges par nature : elle relève de l’appréciation de l’exploitant sur son propre modèle économique.

Que faire des charges qui sont à la fois fixes et variables ?

Beaucoup de charges sont mixtes : l’électricité comporte un abonnement fixe et une consommation qui suit l’activité ; un salarié permanent peut faire des heures supplémentaires en saison. Coupez-les en deux et affectez chaque part où elle va. À défaut, classez-les en charges fixes : le seuil obtenu sera légèrement prudent, ce qui vaut mieux qu’un seuil sous-estimé.

Les amortissements entrent-ils dans le seuil de rentabilité ?

Oui dans le seuil comptable, qui répond à la question « à partir de quand suis-je rentable ». Mais les amortissements ne se décaissent pas : les retirer des charges fixes donne un second seuil, plus bas, à partir duquel l’activité s’autofinance. C’est le seuil où l’EBITDA devient nul. Le calculateur affiche les deux dès que des amortissements sont saisis, car ils ne répondent pas à la même question.

Peut-on ne jamais atteindre son seuil de rentabilité ?

Oui, dans un cas précis : quand les charges variables absorbent la totalité du chiffre d’affaires. La marge sur coûts variables est alors nulle ou négative, et chaque vente supplémentaire creuse la perte au lieu de la combler. Aucun volume ne rétablit l’équilibre — le levier est le prix de vente ou le coût unitaire, pas le nombre de ventes.

Qu’est-ce que la marge de sécurité ?

C’est l’écart entre le chiffre d’affaires réalisé et le seuil de rentabilité : ce que l’activité pourrait perdre avant de repasser en perte. Rapportée au chiffre d’affaires, elle donne l’indice de sécurité. Un indice inférieur à 10 % signale un équilibre fragile : une baisse de moins d’un dixième des ventes suffirait à basculer dans le rouge.

Dernière mise à jour : 14 août 2026